TRAVAIL DOMESTIQUE

 

 

Les évaluations de la part respective des conjoints dans l’effectuation du travail domestique (réalisées régulièrement par l’INSEE) donnent en général une proportion des deux tiers pour les femmes, d’un tiers pour les hommes. Pour les idéologues misandres, c’est chaque fois l’occasion de réitérer diverses accusations traditionnelles contre "les" hommes : ils sont paresseux, ils parasitent l’énergie des femmes, ils consacrent égoïstement le temps supplémentaire que celles-ci consacrent au dit travail à leurs loisirs ou à leur progression professionnelle.

Des accusations que les observations suivantes permettent de réfuter :

- la répartition du travail domestique relève de l’organisation interne des couples, et donc d’une négociation entre conjoints. Le discours des misandres contitue une immixtion dans le vie des couples, et s’appuie comme d’habitude sur une conception fantasmatique et bisexiste : hommes dominants imposant leur organisation, femmes soumises incapables de négocier avec eux.

- le temps des hommes est en moyenne davantage occupé par le travail professionnel que le temps des femmes. On peut interpréter cela de différentes façons et le regretter. Mais il en découle logiquement qu’ils ont moins de temps à consacrer au travail domestique. C’est un contexte dont il faut tenir compte pour apprécier les résultats bruts d’une enquête.

- les couples ne recherchent pas forcément l’"égalité", laquelle peut même être un souci tout à fait secondaire. Le travail domestique a une pluralité de sens (lire François de Singly). D’ailleurs des conjointes, en proportion importante, considère encore celui-ci comme son domaine réservé, et dissuade leurs conjoints d’y participer..

- les évaluations expriment une moyenne : elles signifie que si "les" hommes en font moins globalement et en moyenne, certains en font autant que leurs conjointes, d’autres en font plus. On ne peut en tirer de leçon générale. Il faut refuser la surgénéralisation, qui est un procédé sexiste.

 

Deux campagnes menées par deux associations distinctes (Laboratoire de l’égalité, janvier 2012 / Osez le féminisme, février 2012), mais qui se réfèrent au même chiffre-bidon : 80% pour la part féminine. Pourtant l’INSEE, dans ses enquêtes Emploi du temps, l’estime à deux tiers. Une manipulation ordinaire.

 



Décryptage : La répartition des tâches ménagères au sein du couple : mode d’emploi. Ipsos, 2008


L’injustice ménagère (Introduction). François de Singly, 2007




Menu

Menu :