Patric Jean, l’Infiltrator (1968-)


 

Patric Jean, l’Infiltrator (1968-)

 

De nationalité belge, documentariste 

2009 : sortie du film La domination masculine

2015 : publication du livre : Les hommes veulent-ils l’égalité ? (Belin)

Son site : http://patricjean.blogspot.fr/

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Patric Jean est un homme-coupable, une variété de misandres dont nous avons déjà étudié dans cette rubrique d’autres représentants (Edouard Durand, Leo Thiers-Vidal, Daniel Welzer-Lang).

Le moins qu’on puisse dire est qu’il n’a ni inspiration, ni talent particulier. Mais il a trouvé à cela un excellent palliatif : se mettre au service de l’idéologie dominante, et, de ce fait obtenir pour ses productions toutes facilités matérielles, médiatiques, promotionnelles, etc. Il décrit lui-même les avantages de ce positionnement :

Parfois, l’homme pro-féministe écrira un livre ou réalisera un film qui lui conférera, à nouveau, des privilèges. (p. 27)

Les médias renforcent le phénomène en portant une attention particulière aux hommes dits "féministes". (p. 29)

Pas de talent particulier... sauf un, tout de même : celui de la manipulation des médias.Dans le texte de présentation du film, il prétend en raconter la genèse : « Infiltration. Pour approcher certains hommes, le réalisateur a dû emprunter une fausse identité et littéralement infiltrer des milieux "masculinistes" ». Or le recours à des techniques d’ « infiltration » n’a de sens que par rapport à des structures non-officielles, clandestines et donc difficiles d’accès. Dans la réalité, il a obtenu le contact avec les présumés « masculinistes » (québécois) le plus facilement qui soit, puisque leurs coordonnées figurent, dans le cadre de leurs activités associatives, dans tous les registres papier ou électroniques disponibles. Il leur a tout simplement proposé une interview filmée, qu’ils ont acceptée, ce qui montre qu’ils ne se cachent guère ! Pourtant, la fable de l’« infiltration » a été gobée par tous les critiques de cinéma, puis par les médias en général, qui adorent cela. Du coup ils le considèrent comme un spécialiste du présumé "masculinisme", et le consultent chaque fois qu’ils ont à traiter le sujet.

Un cinglant démenti lui est d’ailleurs opposé par une cinéaste féministe américaine, Cassie Jaye, qui, en 2016, réalise le documentaire The red pill. Elle y montre plusieurs entretiens avec les équivalents américains des présumés "masculinistes" québécois, sans toutefois faire état de la moindre difficulté à les rencontrer, et encore moins d’une nécessité de "s"infiltrer"... au point que le documentaire donne d’eux une image très positive. Qui ment ?

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"La domination masculine"

http://www.ladominationmasculine.net/

PJ a proféré les plus grosses énormités pour publiciser son film. Après la fable de l’"infiltration", il a raconté qu’il faisait l’objet de menaces de la part des présumés "masculinistes" du Québec, et qu’il était de ce fait contraint d’annuler sa tournée de promotion dans ce pays ! Mais cela n’a pas suffi : les salles sont restées quasiment vides.

Ce qui n’est pas étonnant, car il s’agit d’un film lourd, monotone, fait d’un défilement d’images répétitives. Et surtout qui, paradoxalement, ne traite pas son sujet, puisque l’idée-force, acquise dès la troisième minute, n’est pas que "les" hommes "dominent", mais que la misère humaine est multiforme.

Les portraits d’hommes qu’il nous présente successivement n’illustrent en rien l’intitulé du film. Il s’agit plutôt une galerie d’hommes en échec, qui ne dominent rien du tout, et surtout par leur propre destin. L’on voit, par exemple :

- des hommes qui se livrent à une strip-teaseuse sado-maso, pour le plaisir d’être dominés, et non l’inverse ;

- des hommes qui se font allonger le pénis, et ne font ainsi que manifester ainsi une profonde blessure narcissique ;

- des hommes violents qui, s’ils dominent leur compagne, sont, ô combien, dominés par leurs pulsions, et par leur ancrage à un passé où ils étaient eux-mêmes dominés, d’une manière ou d’une autre (l’homme violent repenti qui est interrogé regrette d’ailleurs sa vie gâchée, mais il n’a en rien l’impression d’avoir dominé quoi que ce soit) ;

- et bien sûr, le tueur fou Marc Lépine, qui est indiscutablement un misogyne, et un assassin de femmes. Mais on ne voit pas bien en quoi son acte lui a apporté une quelconque "domination"... puisqu’il s’est conclu par son suicide ! On ne voit pas bien non plus en quoi il conforte une quelconque "domination masculine" dans la société, à moins de soutenir que celle-ci a érigé le meurtre de femmes en pratique courante...

Bref, on ne peut pas dire que la démonstration soit très convaincante.

Quant aux militants paternels ou hoministes québécois (infiltrés !), il faut regarder leurs interviews avec distance, sachant qu’ils ont été travaillés, découpés et recollés de façon à les détourner au maximum de leur sens.

Il a fait un autre montage, en plaçant, sans en avoir demandé l’autorisation, un extrait d’une interview TSR de Zemmour à la suite d’une séquence sur les violences conjugales contre les femmes, pour faire croire que celui-ci les approuve. Nous ne sommes pas souvent d’accord avec Zemmour, mais en l’occurrence nous applaudissons sa réaction : "Ce type est un minable".

Le film est donc passé inaperçu. Heureusement les relations et groupes idéologiques amis de PJ sont venus à la rescousse. Il a été diffusé dans nombre de rassemblements misandres, et a eu les honneurs d’Arte.

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"Les hommes veulent-ils l’égalité ?"

C’est une question de pure forme, qui contient implicitement la réponse, bien sûr négative. Pour un misandre basique, les hommes sont, par nature, contre l’égalité. Sauf quelques-uns, dont il fait partie, une élite autoproclamée d’hommes censés être moins immoraux que les autres, les "hommes proféministes". Et encore... même parmi ceux-là, il risque d’y avoir des brebis galeuses, tant le discours qu’ils tiennent est difficilement compatible avec leur nature profonde :

Il ne faut cependant pas confondre l’attitude et le comportement. (...) Il n’y a donc aucune raison de penser que les hommes qui claironnent être en faveur de l’égalité ont des comportements objectivement très égalitaires. Même s’il y a des exceptions. (p. 35).

On peut raisonnablement penser qu’il se considère comme faisant partie des dites "exceptions", bien sûr...

En tous cas, il prend bien garde de rappeler son appartenance au mauvais sexe, et la conscience (coupable) qu’il en a, histoire de montrer à ses camarades féminines qu’il n’a, en prenant la plume, aucune prétention à leur dicter leur conduite :

L’auteur de ces lignes est conscient d’être lui-même un membre du groupe social dominant. (p. 6)

Tout de même, cette fois, il traite le sujet. Le livre est un bon Que sais-je ? d’initiation à la misandrie en général, et à la misandrie masculine en particulier. Il suffit pour s’en convaincre de citer un peu du début et un peu de la fin. Au début, dans le paragraphe intitulé Le monde appartient aux hommes (p. 9) : 

Partout sur la planète et de tout temps, les hommes ont pris et conservé le pouvoir économique, politique, spirituel, domestique.

Et à la fin, l’énoncé de la solution au problème, à savoir, tout simplement, renoncer au masculin :

S’améliorer soi-même pour améliorer le monde permet à tout homme de tenter ce qui ne l’a jamais été : se déconstruire socialement, ne plus être un homme, devenir un humain... (Conclusion, p. 61)

Entre les deux, il y a des perles, ou plus précisément des énormités telles que même si l’on est habitué à en lire de pareilles, on se demande encore comment un individu doté d’un minimum de respect de lui-même peut les produire et les assumer :

Depuis sa naissance, tout enseigne au petit garçon qu’une place privilégiée lui sera réservée. (p. 10)

On voit aussi que la parole des hommes est non seulement surreprésentée mais qu’elle est aussi survalorisée. Il suffit de lancer une discussion politique avec des amis des deux sexes et de mesurer le temps de parole de chacun pour s’en rendre compte. (p. 13)

Mais ce sont toujours des hommes qui violent des femmes, et non l’inverse. (p.13)

Le dernier des hommes, tout en bas de l’échelle sociale, peut encore regarder sous ses pieds, sur le dernier barreau, où il trouvera sa compagne, sa soeur, sa mère, sa fille. (p. 25)

En voici une dernière, qui vaut son pesant d’or, puisqu’il nous décrit ce qu’il ne faut pas faire... alors qu’il s’agit très exactement de ce qu’il fait lui-même :

Il ne s’agit pas de penser l’organisation sociale selon l’opposition hommes/mal et femmes/bien. Cette essentialisation interdirait toute remise en question et cadenasserait les femmes dans un immuable statut de victimes. (p. 17)

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 A SUIVRE...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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