Décryptage : "Enquête sur le harcèlement sexuel au travail", Défenseur des droits. Patrick Guillot, mars 2014


 

Voir le courrier envoyé par le GES au Défenseur des droits pour mettre en cause l’enquête : g-e-s.fr/base-de-documentation/actions-en-cours/courrier-au-defenseur-des-droits-a-propos-de-son-enquete-dur-le-harcelement-sexuel-au-travail-10-dec-14/pour

 

Décryptage : "Enquête sur le harcèlement sexuel au travail", Défenseur des droits, mars 2014

 

Cette enquête a été publiée à l’occasion du 8 mars 2014.

http://www.defenseurdesdroits.fr/fr/publications/etudes/enquete-sur-le-harcelement-sexuel-au-travail

 

Lisons le texte de présentation : le HST "touche encore aujourd’hui 1 femme sur 5", Et posons-nous les bonnes questions :

- "aujourd’hui", c’est quand ? 2014 ? 2013 ? Les années 2000 ?
- et les hommes victimes, où sont-ils passés ?

 

Vérifions la méthodologie.

Cliquons sur Télécharger les résultats de l’enquête et lisons la p. 2. Il est question d’un échantillon de 1005 personnes, des deux sexes, Mais alors aucun des hommes interrogés ne s’est déclaré victime ? Non, vous n’y êtes pas, il y a un deuxième échantillon, constitué de 306 femmes actives de18 à 64 ans. Dans la partie A (p. 5), qui concerne ce que les personnes connaissent ou pensent du problème, on questionne les deux échantillons. Mais dans la partie B (surtout B1, p. 15), où l’on demande aux personnes si elles ont été ou non victimes, on ne questionne que l’échantillon 2. Et comme celui-ci est complètement féminin, les victimes qui se déclarent sont des femmes exclusivement. Le tour est joué.

C’est le même procédé qui en 2002 avait permis à l’ENVEFF d’annoncer 10% de femmes (et elles seules) victimes de violences conjugales ! Vu la vigueur des critiques, de Hervé Le Bras à Elisabeth Badinter, nous pensions qu’il ne serait plus utilisé. Nous avions tort. Avec les misandres, il faut toujours s’attendre à pire que le pire.

En fait, cette fois, le procédé a été paufiné. L’échantillon 1, mixte, est là pour donner l’illusion que l’enquête n’est pas discriminatoire, car il camoufle la réalité de la discrimination, représentée par l’échantillon 2, sexué.

 

Nous savions déjà, en particulier du fait de la fin de non-recevoir opposée à toutes les saisines du GES, que le (pseudo) Défenseur cautionne toutes sortes de discriminations, alors qu’il est censé les combattre. En l’occurrence, une nouvelle étape est franchie : le Défenseur met en place lui-même une discrimination fondée sur le sexe, en refusant aux hommes la possibilité de s’exprimer sur une forme de violence dont une partie d’entre eux est victime.

 

D’autres insuffisances méthodologiques disqualifient l’enquête :

- la taille dérisoire des échantillons : 305, alors que l’enquête suisse, pour une population vingt fois moins fournie, interrogeait 2400 personnes !


- l’imprécision temporelle : contrairement à ce qui est annoncé, il ne s’agit pas d’une enquête sur ce qui se passe "aujourd’hui". Les interrogées ont de 18 à 64 ans, c’est-à-dire qu’elles peuvent avoir été actives pendant un an ou pendant... 46 ans, avant que les lois ne soient promulguées, ou après. Leurs expériences ne sont pas comparables. Celles qui ont travaillé longtemps ont évidemment beaucoup plus de chances d’être victimes que les autres. En principe, les enquêtes sur les violences concernent une période précise : la dernière année, les deux ou les cinq dernières années.C’est ce qui fait leur intérêt : on peut comparer l’évolution des résultats au fil des enquêtes et des périodes successives.

Beaucoup de travail, beaucoup d’argent (seule l’IFOP qui a trouvé là un bon contrat doit être contente !) pour ajouter un peu plus de confusion à l’appréhension du problème. Finalement, on n’apprend qu’une seule chose : "aujourd’hui", en 2014, il y a manifestement moins, beaucoup moins que 20% de femmes victimes de HST, et c’est tant mieux.
 
Dernier commentaire, à l’adresse des obsédés de la théorie transgenre : ici, on est au coeur des institutions et de l’idéologie dominantes, et pourtant, aucune ambition d’indifférencier les genres. Pour le Défenseur, il y a deux sexes, l’un victime, l’autre coupable, à l’opposé l’un de l’autre, et c’est tout.
 
 
Patrick Guillot, mars 2014

 

 

 

 

 

 

 



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